Violent règlement de comptes entre migrants devant l’université de Marseille

Les images sont très violentes. Sous les arcades de la halle Puget, juste devant la faculté d’économie et de gestion de l’université d’Aix-Marseille, une trentaine de migrants réunis autour de quelques matelas de fortunes disposés ça et là s’invectivent et se frappent violemment. Certains d’entre eux ont en main de «longs couteaux courbés», qualifiés par la voix off de la vidéo de «sabres». Postée sur les réseaux sociaux et reprise par France 3, cette bagarre qui a eu lieu mardi est la deuxième de la semaine sous cette halle. À chaque fois, les étudiants «absolument paniqués» de la faculté voisine ont été confinés derrière les grilles de l’université. Devant un tel niveau de violence, son doyen Pierre Granier a alerté la mairie, sans solution concluante pour l’instant. De son côté, la préfecture des Bouches-du-Rhônes assure avoir «nettement renforcé» la présence policière en ces lieux depuis la bagarre.

«Des bagarres comme celle-là, il y en a tout le temps devant la fac, raconte au Figaro un étudiant en licence d’économie et de gestion de l’université Aix Marseille. Ce sont des règlements de compte entre eux, mais ils ne s’en prennent jamais aux étudiants.» Ils sont en effet une cinquantaine de migrants à squatter le dessous de la halle Puget depuis le mois de septembre 2017. «Ils étaient arrivés l’année dernière, et ça s’était déjà très mal passé avec les jeunes du quartier, confie Pierre Granier. Au bout de deux mois, la halle s’était vidée jusqu’au mois de mars de cette année où ils sont revenus.»

«Des couteaux courbés qui ressemblent à des sabres»

L’insalubrité sous les colonnades préoccupe le personnel de l’université depuis quelques mois. «Les conditions d’hygiène sont terribles, explique encore Pierre Granier. Nous n’avons pas de toilettes publiques ici, alors ces jeunes utilisent la rue pour cela, c’est une saleté épouvantable.» Depuis quelques semaines, des affrontements entre migrants ont régulièrement lieu. «Cela fait deux fois cette semaine qu’on est obligé de fermer les grilles de l’université et de confiner nos étudiants à l’intérieur. Plusieurs jeunes portent à la ceinture des couteaux courbés qui ressemblent plus à des sabres qu’à des instruments de cuisine.»

Devant une situation qui inquiète tout le monde, enseignants, étudiants et personnel administratif, Pierre Granier a décidé d’alerter le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, qui a renvoyé la balle à la préfecture des Bouches-du-Rhônes. «La préfecture nous répond pour l’instant qu’un groupe de travail constitué de personnel de la ville, de l’université et du département a été constitué. Il ambitionne de faire occuper autrement la halle, mais vu l’état de la situation en cours, je vois mal comment on pourrait la transformer en marché aux fleurs» poursuit, fataliste, le doyen de la faculté. Au Figaro, la préfecture assure toutefois que «l’État et la ville de Marseille travaillent de concert pour renforcer la sécurisation (police nationale et municipale sur place) et la salubrité (nettoyage quotidien) de ce lieu».

«On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille»

Le personnel de la faculté a décidé hier matin de lancer une pétition qui sera en ligne prochainement pour faire réagir directement le préfet sur cette question de sécurité des étudiants. «Si nous n’agissons pas tout de suite, plus aucun parent ne voudra inscrire son enfant dans notre faculté. On a peur de perdre 50% de nos étudiants sur Marseille l’an prochain» conclut Pierre Granier.

 

Source : http://etudiant.lefigaro.fr/