Vivre sans dormir: une réalité future?

Les méthodes et les conditions diffèrent mais toutes les espèces animales se reposent d’une manière ou d’une autre. En position debout, assise, couchée, en plein vol, voire sous l’eau. L’être humain en éprouve d’ailleurs souvent le besoin et souffre généralement de la moindre réduction de son quota d’heures de sommeil. La privation totale, elle, peut carrément lui coûter la vie. Étrangement, certaines personnes ne dorment pas. Comment expliquer dès lors l’existence de ces exceptions?

Quatre mois sans dormir
Le magazine présente les recherches pionnières du neurobiologiste Michel Jouvet (1925-2017). L’éminent professeur a en effet consacré sa vie à essayer de comprendre les fonctions du sommeil et du rêve. En 1974, lors d’une expérience, il observe ainsi le cas d’un étonnant patient. Âgé de 27 ans et sous surveillance permanente, ce dernier reste éveillé durant… quatre mois. Une « insomnie » sans la moindre interruption et, surtout, sans qu’aucune fonction cognitive n’en soit affectée.

Syndrome de Morvan
Michel Jouvet découvre que le jeune homme est atteint du « syndrome de Morvan », une affection rarissime dont on ne dénombre qu’une trentaine de cas dans le monde à l’époque. Il s’agit en fait d’une « agrypnie », soit une perte totale et prolongée du sommeil, aggravée par des symptômes de tremblements, d’hallucinations et de délire. Cette maladie perturbe le fonctionnement des synapses, lieux de jonction entre les neurones (complément d’information technique à consulter ici), et « paralyse » par conséquent le processus du sommeil.

Al Herpin, « l’homme qui ne dormait pas »
D’autres exemples célèbres ont suscité l’incrédulité des chercheurs au cours de l’histoire. Ainsi l’Américain d’origine française Albert Herpin (1862 – 1947) cultivait la réputation de n’avoir jamais fermé l’oeil de sa vie. Selon la légende, il se contentait de s’asseoir sur son fauteuil à bascule de temps en temps, comme l’atteste un vieil article du New York Times. Chez lui, il n’y avait d’ailleurs pas de lit.

Thai Ngoc, l’insomniaque de l’extrême
Ce Vietnamien, né en 1942, prétend ne plus avoir dormi depuis 1973, après s’être rétabli d’une forte fièvre, soit 45 ans sans la moindre petite sieste. Le principal intéressé affirme malgré tout vivre « normalement ». Selon les médecins, il jouirait même d’une santé irréprochable. Selon certains spécialistes, ce mystère pourrait toutefois trouver son explication dans l’absence de discernement, chez l’insomniaque, du passage entre les phases d’éveil et le sommeil: un phénomène courant mais poussé à l’extrême chez Thai Ngoc.

Veiller, pour prolonger la vie
Ces exemples ravivent l’espoir du monde scientifique de neutraliser un jour le mécanisme du sommeil pour « prolonger » la vie de ceux qui le souhaitent. Une vie sans dormir permettrait en effet d’en doubler la durée, de quoi mettre à profit un gain de temps inespéré.

Mais à ce propos, qu’en feriez-vous?

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