Les nouveaux pays qui attirent les étudiants internationaux

L’attractivité de la France auprès des étudiants étrangers ralentit, au profit de pays qui ont investi massivement dans leur autopromotion, comme la Chine.

Les étudiants sont de plus en plus friands d’échanges internationaux, puisqu’en 15 ans, le nombre d’étudiants en mobilité dans le monde a doublé, pour atteindre 4.3 millions, selon Campus France.

La France occupe la quatrième place parmi les pays accueillant le plus d’étudiants. Avec 310.000 étudiants internationaux en 2015, elle s’impose comme le premier pays d’accueil non-anglophone derrière les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

Cependant, le nombre d’étudiants accueillis par la France croît moins rapidement que la moyenne mondiale : entre 2009 et 2014, la France n’a accueilli qu’11,2% d’étudiants en plus selon les chiffres de Campus France, contre 23% au niveau mondial. Une tendance inquiétante pour l’avenir, qui s’explique en partie par le fait que de nouveaux pays ont développé leur attractivité, rapetissant ainsi les parts du gâteau pour les destinations “historiques”.

La Chine se donne les moyens de ses ambitions

“Des pays comme la Chine ont mis en place d’importants programmes pour attirer les étudiants, alors que la France a pris du retard. Le montant des bourses a par exemple été baissé. Cependant, il ne faut pas oublier que nous continuons à attirer beaucoup d’étudiants”, se rassure Béatrice Khaiat, directrice de Campus France.

Parmi les pays qui ont vu le nombre d’étudiants en échange chez eux augmenter fortement, on compte les Pays-Bas (+199%), le Canada (+75%), la Russie (+65%) et la Chine (+78,6%). C’est l’Arabie Saoudite qui détient le record : 260% d’étudiants en plus entre 2009 et 2014.

Selon Campus France, cette importante augmentation de l’attractivité de l’Arabie Saoudite tient à ses offres de bourses islamiques. Le pays attire ainsi de plus en plus d’étudiants africains, venant principalement du Nigéria, de la Mauritanie, du Mali, d’Erythrée, de Somalie, du Kenya et du Tchad.

La France en retard en Afrique

“La France doit absolument réaffirmer sa présence en Afrique”, presse Béatrice Khaiat. Le continent est également dans le viseur de la Chine, selon Campus France.  L’Empire du milieu ne communique pas de chiffres détaillés, mais selon l’agence de promotion internationale : “la mobilité africaine vers ce pays serait en augmentation”.

Une tendance qui s’inscrirait “dans la suite logique du développement des instituts Confucius en Afrique destinés à développer l’apprentissage du chinois, et de l’implantation économique du pays sur ce continent”.

La Russie assoit quant à elle son emprise régionale, puisque 77% des étudiants qui s’y rendent sont originaires de pays de la Communauté des états indépendants (Kirghizistan, Moldavie, Biélorussie, etc.).

En Europe, les Pays-Bas connaissent une forte croissance de leur attractivité, notamment due à la primauté de l’anglais dans les universités. “Ils font également beaucoup d’autopromotion, ce qui manque de la part des universités françaises”, regrette la directrice de Campus France.

Les étudiants étrangers visent d’ailleurs de plus en plus les grandes écoles françaises (+27% en cinq ans), qui investissent pour se faire connaître à l’étranger, alors que le nombre d’étudiants en échange dans les universités est stable.

Source : lesechos.fr/