Sabrina Ouazzani, lauréate de la bourse L’Oréal-Unesco 2018

Les travaux de Sabrina Ouazzani portent sur « la calculabilité à temps infinis ». Pour comprendre les concepts qui se cachent derrière ces termes, il faut remonter en 1930, à la naissance de la logique de programmation qui a donné naissance au numérique d’aujourd’hui. Petit à petit, les chercheurs se sont rendus compte qu’il existe des questions que l’on ne peut pas résoudre à l’aide d’un algorithme (i.e. suite de calculs, d’actions à effectuer dans un ordre précis pour arriver au résultat) et c’est alors que la calculabilité a vu le jour. Cette discipline, au cœur de l’informatique fondamentale, vise à caractériser et classifier les problèmes pouvant être résolus par un ordinateur.

Sabrina Ouazzani s’intéresse plus particulièrement à la calculabilité en temps infini : en prenant comme hypothèse que la machine a un temps infini pour faire des calculs, peut-on collecter des informations au bout de ce temps infini qui permettront alors de faire avancer le problème ? Cela se rapproche de la notion de « limite » utilisée dans les mathématiques. Mais les travaux de la chercheuse vont plus loin : et si, après ce temps infini, on reprenait les calculs sur un temps infini ? Puis à nouveau sur un nombre infini, et ainsi de suite ? Ces infinis successifs, appelés ordinaux, pourraient permettre de fixer un cadre novateur pour appréhender l’hyper informatique de demain.

La Bourse L’Oréal-UNESCO du programme « Pour les Femmes et la Science », remise en partenariat avec l’Académie des sciences et la Commission nationale Française pour l’UNESCO, encourage ainsi l’émergence d’un nouveau rapport de force dans le monde scientifique. Les 9 lauréates, sélectionnées parmi plus de 900 autres candidatures pour l’excellence de leur dossier, l’originalité de leur projet scientifique et leur désir de transmettre leur passion aux plus jeunes, bénéficieront chacune, en plus d’une bourse de recherche de 15 000€ pour les doctorantes et 20 000€ pour les post-doctorantes, d’un programme de formation complémentaire à leur parcours scientifique afin d’avoir les moyens de briser le plafond de verre.

Leave a Reply